Archives départementales de l'Indre

23 décembre 2025

Une résidence digne de ce nom pour le préfet de l’Indre


Le « vieux » Château Raoul, ainsi qu’il est nommé, est le siège de la préfecture de l’Indre dès 1800, lors de la création du corps des préfets. Son état, voisin du délabrement, fait l’objet de nombreux rapports et observations de la part des membres de l’administration.

« Sa distribution intérieure est incommode et nullement appropriée à tout ce qu’exige un hôtel de préfecture, où doit être logé le premier magistrat du département, où des réunions nombreuses et brillantes doivent avoir lieu. Ces graves inconvénients ont été bien sentis lorsque sa majesté le Roi d’Espagne, l’infante d’Espagne, son frère et son oncle et son altesse royale Monseigneur le duc d’Angoulême ont séjourné dans ce château. L’appartement d’honneur exigé par l’article 2 du décret du 2 mars 1811 n’existe pas dans cette maison et il est impossible de l’y établir. »

Face à l’état de décrépitude du château, la construction d’un hôtel de préfecture digne s’avère nécessaire. C’est tout l’objet du placard signé du préfet Milon du 29 octobre 1822.

L’architecte désigné est Pierre Murison. Celui-ci conduit selon ses plans la direction des travaux adjugés depuis le 10 décembre 1822 pour la somme de 89 960 francs, et assurera la mise en service de la résidence en 1824. En effet le comte de Milon lance les travaux avec la condition de les achever en trois ans.

Le projet de l’architecte se compose d’un corps de logis rectangulaire à deux étages. Le rez-de-chaussée côté cour correspond à un étage côté vallée de l’Indre car la topographie est très marquée. Finalement, des communs équiperont la partie inférieure du bâtiment. Côté cour, le rez-de-chaussée accueille les espaces publics tandis que le premier étage est réservé aux appartements privés du premier magistrat de l’Indre. Mais au début de l’année 1822, la question du financement des travaux est largement posée. Le conseil général de l’Indre s’engage à payer la moitié du montant des travaux si le gouvernement en supporte l’autre moitié, ce qui est inadmissible selon le ministère de l’Intérieur1. A cette époque, il n’existe pas de fonds alloué aux constructions des bâtiments de préfecture. Les frais de construction du bâtiment de Châteauroux seront votés et prélevés en totalité sur le produit des centimes additionnels et facultatifs affectés aux dépenses variables départementales.

Le 23 juillet 1823, sous le règne du roi de France et de Navarre Louis XVIII, M. Herman, préfet de l’Indre, pose la première pierre en présence de M. Desjobert, secrétaire général de la préfecture, de MM. Defassardy, Trumeau et Grillon de Villeclair, conseillers de préfecture, du duc de Saint-Aignan, du marquis de Lancosme, des membres du conseil général et du conseil de l’arrondissement de Châteauroux, ainsi que du maire et des membres du conseil municipal de Châteauroux. Les travaux débutent donc avec l’édification de la première et de la deuxième assise du socle de la façade côté cour du nouvel hôtel de la préfecture, à l’emplacement des anciens murs et fossés d’enceinte de Château Raoul.


1) 1 N 1895, courrier du 6 mars 1822.

 Adjudication des travaux du nouvel Hôtel de la Préfecture à Châteauroux.
Adjudication des travaux du nouvel Hôtel de la Préfecture à Châteauroux.

Cote : 1 J 1141

Date : 1822

Éditeur/imprimeur : Châteauroux, imprimerie Bayvet

Dimensions : 51 x 40,5 cm

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